Tous les week-ends un déballage investit les trottoirs de la rue Paul Bert. Les brocanteurs d'aujourd'hui sont les héritiers directs des premiers chiffonniers qui s'installèrent ici au XIXème siècle. Pourtant le commerce de récupération est une activité bien plus ancienne. A Paris, on connaissait les marchés au vieux linge, à la ferraille, la foire aux hardes qui se tenait à la halle aux veaux et d'autres marchés situés en bords de Seine. Ceux que l'on appelait les "pêcheurs de lune", parce qu'ils trouvaient leur butin de nuit dans les généreuses poubelles parisiennes, furent peu à peu forcés de se soumettre à de nombreuses règles. Petit à petit, ils se virent refuser le droit de vendre le produit de leurs fouilles dans l'enceinte de Paris. Et c'est poussés par la municipalité, soucieuse de l'assainissement de la capitale, qu'aux alentours de 1935, crocheteurs et chineurs s'exileront vers la zone des fortifications pour y continuer leur activité. D'autres marchés aux Puces sont nés au même moment : Les Puces de Montreuil à l'Est de Paris et celles de Vanves au Sud.
Pour en revenir au marché Paul Bert, ce dernier, lorsque vous y pénétrez a des allures de village. Des alignements de petites maisons construites à des hauteurs différentes forment des allées tout à fait pittoresques. Au loin dans l'allée principale, on aperçoit une maison jaune ocre, surmontée d'une tour carrée. Plus loin des constructions métalliques nous rappellent des édifices à la Eiffel. Le marché Paul Bert est un marché hétéroclite né juste après la seconde guerre mondiale : on peut aussi bien y trouver du mobilier industriel des années 50 et 70 que des meubles Napoléon III et tout ceci dans un désordre bien étudié. Dans le marché voisin, Serpette, vous y trouverez en revanche une marchandise restaurée et de qualité, du mobilier des XIXe et XXe siècles, des tableaux anciens ou modernes. Cette véritable caverne d'Ali Baba s'adresse essentiellement à une clientèle haut de gamme et réalise une part importante de son chiffre d'affaires à l'export.
Si l'on continue la balade de la rue Paul Bert à la rue
Jules Vallès, on peut trouver le café "A Piccolo" qui est le plus ancien des bistrots des Puces. L'histoire dit que ce fut un Italien qui, le premier,
installa une échoppe pour y vendre son vin issu des vignes des berges de
la Seine. Puis cette échoppe fut rachetée par un Albanais Malick et
elle devint le bistrot des Manouches de La Zone et des brocs
chiffonniers des Puces. Pour ces derniers, Malick créa un marché portant
son nom. Actuellement, ce dernier est devenu le paradis des vêtements
sportswear et tendance.
Un peu plus loin, vous trouverez un grand mur peint en jaune sur lequel est représenté un porteur. Ce mur indique l'entrée du marché Jules Vallès. L'homme représenté sur ce mur était l'un des nombreux porteurs qui travaillaient aux Puces. Actuellement, ce sont plus de 10 000 personnes qui vivent directement ou indirectement de l'activité générée par Les Puces : cafetiers, restaurateurs, livreurs, droguistes, métiers liés au tourisme, mais aussi de nombreux artisans-restaurateurs de toutes spécialités comme les ébénistes, les bronziers, les réparateurs de faïence, les tailleurs de verre ou les marbriers. Jules Vallès est un marché exclusivement tourné vers la brocante et on y trouve de tout : affiches, bronzes, effets militaires. La marchandise varie beaucoup en fonction des trouvailles des brocanteurs. Et ce marché couvert, qui est l'un des plus anciens des Puces est réputé pour voir vu débuter de nombreux professionnels.