Le roman raconte l’immersion peu ordinaire d’une inspectrice du travail au sein d’une association d’insertion professionnelle aidant les personnes en grande difficulté psychologique. L’inspectrice doit rencontrer trois salariés et leur délivrer un agrément censé sceller leur intégration dans le monde du travail. Le ressort dramatique de l’histoire réside dans le fait que l’inspectrice est elle-même porteuse de désespoir et qu’elle voit ces rencontres peu anodines la replonger progressivement dans son passé chaotique pour finalement l’en délivrer. Le roman traite avant tout du dépassement de soi. Il montre ainsi comment les salariés, le jour de l’inspection, dépassent leurs doutes pour se réaliser enfin.
1. Se confier : Pour toute personne sujette à un type de névrose bien particulier, il faut savoir se confier : se délivrer auprès de ses proches, s’adresser à un professionnel (thérapeute ou autre) ou bien identifier des personnes dans son réseau auprès desquelles on pourra tout dire pour mieux repartir.
Dans « L’Agrément », le personnage Lydia qui est bipolaire sombre peu à peu dans la folie car c’est un personnage isolé, qui ne se confie pas et accumule des souffrances devenues trop lourdes à gérer pour elle. C’est sa confrontation à Favre, le responsable de l’association, qui va la révéler à elle-même.
2. Nouer des alliances : Il faut savoir se créer un réseau pour conclure des alliances vous permettant d’avancer et d’en finir avec des préoccupations personnelles qui vous entravent. Dans le roman « L’agrément », le personnage de Carole est agoraphobe. Elle se raccroche à Favre pour sortir de chez elle et aller travailler malgré sa maladie.
A titre personnel, je mène une expérience sur Twitter : le twinome. Il s’agit de se confier affectivement et professionnellement à d’autres compétences que soi afin d’atteindre au mieux ses objectifs.
3. S’exposer à ses peurs les plus terribles pour les vaincre : Le jour de l’inspection, les 3 salariés de « L’agrément » sont confrontés à leurs propres démons. Carole l’agoraphobe doit sortir de chez elle pour aller au travail, Edith la dysmorphophobique doit tenir un entretien capital pour elle, malgré ses obsessions liées à son apparence, et Etienne, le pyromane, doit éteindre un incendie sur son lieu de travail. Le fait de les exposer à leurs craintes les plus terribles les oblige à se dépasser pour s’en sortir. La technique de l’exposition est couramment utilisée en thérapie cognitive comportementale notamment pour encourager les malades à affronter leurs pires phobies : la meilleure clé pour s’en affranchir. La caractérisation des personnages du roman confrontés à leur ennemi intime est directement inspirée de cette méthode thérapeutique.
4. Se laisser le temps d’évoluer : Un changement de vie ne s’opère pas en deux jours. Dans le roman, les personnages doivent décrocher leur agrément au bout de deux ans de vie professionnelle le temps pour permettre à chaque individu de briser la chrysalide de ses doutes afin de s’épanouir.
5. Savoir se féliciter des changements obtenus : Dans le roman, chaque personnage évolue positivement suite à l’inspection car il a su ne pas répéter les mêmes erreurs l’enlisant dans ses peurs les plus profondes. A la fin de l’histoire, Lydia les félicite tous sur leur changement de parcours. C’est l’une des clés pour avancer : savoir se féliciter pour chaque changement positif obtenu et ainsi continuer à progresser.
6. Opérer une résilience : Les épreuves font parfois de nous quelqu’un de meilleur qui peut se mettre au service des autres, au nom d’une empathie qu’il aura su développer. C’est le cas de Lydia, dans « L’agrément ». Sa bipolarité et le fait de voir les salariés s’arracher littéralement à eux-mêmes pour décrocher leur agrément, vont la faire changer d’approche quant à son métier. Au début du roman, elle est prête à juger un salarié sur l’heure sans forcément lui donner les solutions pour s’en sortir. A la fin du roman, elle propose aux salariés un dispositif d’entraide avant de les juger dans l’exercice de leurs fonctions.
7. Décrocher son agrément : Pour Edith, la dysmorphobique, son agrément c’est l’amour. Elle se réalise dans sa vie privée. Pour les autres personnages, ce sont leur travail. Savoir identifier son meilleur moyen de reconnaissance dans la vie permet de mieux rebondir quand rien de va plus : que cette reconnaissance soit celle de vos parents, celle de vos amis ou vienne de vous-même à travers un projet de vie que vous aurez su réaliser.