Un parcours semé d'embûches François Hollande doit certainement être l'homme de gauche a avoir essuyé le plus de surnoms peu subtils dans sa carrière politique. Il fut en effet surnommé successivement : Monsieur Royal, l'édredon, le Flanby, le culbuto, le salsifi à lunettes, l'autre fromage du pays, Frère Benêt, Fraise flagada, le toupin ou dormeur. Même les hommes de son propre clan s'en sont donné à coeur joie. Ainsi, tandis que Laurent Fabius le taxait d'"inoffensive fraise des bois", Arnaud Montebourg le taclait d'être le seul défaut de Ségolène Royal durant la campagne présidentielle de 2007. Sans oublier les Guignols qui, avant de lui accorder une marionnette, l'ont longtemps représenté par un flan à lunettes. Or hier soir, Martine eut beau tirer la languette, Flanby a tenu bon en remportant les primaires avec 56,38% des suffrages contre 43,62% pour son adversaire, sur 2,3 millions de bulletins de vote.
Le poids des mots... Hier soir en filtrant les twitts sur la primaire socialiste, je suis tombée sur un article de MétroMontréal qui commentait la victoire de François Hollande en commençant ainsi :"Longtemps moqué pour son supposé manque de charisme et son physique rond, à 57 ans, François Hollande a endossée dimanche soir son costume de candidat du parti socialiste". L'article continue plus loin sur sa lancée en soulignant "Trop rond, manque de poigne : cet homme à l'humour pourtant féroce a longtemps pâti de son image." L'auteur conclut son article dithyrambique par un "Courant 2010, plus mince, il apparaît rajeuni aux côtés de sa nouvelle compagne, la journaliste Valérie Trierweiler." Même s'il est vrai que les journaux étrangers traitent avec beaucoup moins de diplomatie nos politiques, force est de constater que le pouvoir de l'image apparaît à chaque tournure de phrase. Cependant, j'ai eu beau parcourir la presse hexagonale de ce matin, hormis les allusions à la gauche molle, ce sont les programmes et la cohésion face à la droite qui ont fait leur apparition en une des journaux.
L'image, l'une des clés en politique Un article du Figaro du 2 octobre 2010 intitulé "La longue marche de François Hollande" souligne ce changement d'image comme une véritable stratégie au coeur du retour du candidat sur le devant de la scène. "Tous ses proches le relèvent, qui insistaient depuis des années sur la nécessité de soigner son image. Jusqu'à présent, ils se heurtaient à un mur. François Hollande ne voyait pas l'intérêt de se priver pour un résultat aléatoire. Aujourd'hui, il a changé. Costume plus soigné, lunettes plus discrètes, cure d'amaigrissement sévère, l'homme politique affiche sa détermination." En cédant à la pression de l'image, l'homme a peut-être voulu rompre avec ses détracteurs le raillant sur son physique et son manque d'applomb. Toujours est-il que la métamorphose a opéré puisqu'il est désormais l'un des acteurs incontournables de la scène politique actuelle, ayant même réussi à rallier des personnalités de droite comme Chirac. S'il transforme l'essai en devenant président de la République, il aura su répondu de la plus belle des façons à tous ses contempteurs.
Source : MetroMontréal