Les fortifications et la zone
Les Puces de Saint-Ouen sont le premier marché au monde avec 17 marchés, 2000 marchands et 1300 brocanteurs et antiquaires. On appelle Les Puces « Le grenier du monde ». On y trouve de tout de l’objet d’usage courant à l’antiquité haut de gamme, en passant par les objets qui ont le plus marqué notre enfance. C’est une profusion de meubles, de bronzes dorés, de lustres géants, un déballage d’argenterie et de céramique et des vêtements vintage qui vous attendent dans ce musée à ciel ouvert. En 1841, sous le règne de Louis-Philippe, on décide de construire des fortifications autour de Paris. Des villages comme Montmartre ou La Chapelle sont rattachés à la capitale. Les fortifs, de type Vauban, étaient longues d’une trentaine de kilomètres et ponctuées de nombreux bastions et de portes. Derrière ces fortifs, il y avait un fossé, une contre-escarpe qui était une butte de terre devant laquelle s’étendait une zone dégagée et non constructible.
Les Puces de 1870 à 1919
C’est dans cette zone que s’installèrent les premiers chiffonniers après la guerre de 1870. Ils furent chassés de Paris pour des raisons d’hygiène, l’activité des chiffonniers étant considérée comme insalubre. La zone fut leur terre d’accueil et c’est d’ailleurs de là que vient l’expression, « C’est la zone ». Les Puces tirent leur nom d’un chineur qui, un jour, en observant ce marché s’exclama « Mon Dieu, mais c’est un marché aux Puces ! » en faisant référence aux marchandises qui étaient exposées, puces comprises. En 1880, on observe la naissance d’un marché à la ferraille et aux vieux chiffons qui réunit une bonne centaine de marchands. Entre 1905 et 1914, le marché prend son essor. Des échoppes de bois s’échappent de terre autour de l’avenue Michelet. Des marchands de frites, des guinguettes et des jeux organisés autour des déballages des marchandises se développent.
Entre Saint-Ouen et Clignancourt (1920-1944)
En 1920 furent détruites les fortifications. Chassés les chiffonniers se réfugièrent sur d’autres territoires de Saint-Ouen. Dès avant-guerre, des hommes d’affaires comprirent l’intérêt du marché et acquièrent des terrains qu’ils équipèrent et qu’ils louèrent aux marchands, initiant une nouvelle forme d’organisation « la cité marché ». Le premier marché clos est créé par Romain Vernaison : il établit près de 150 stands constitués par des cabanes préfabriquées sur un terrain situé entre l’avenue Michelet et la rue des Rosiers. Ces stands sont loués à des brocanteurs, des soldeurs et des marchands de meubles de style. Peu de temps après, le nouveau propriétaire du café A Picolo, un Albanais, Malik Hajrullac, établit un marché situé entre la rue Jean Jaurès et l’impasse des Boute-en-train. Ce sera le marché Malick, premier marché couvert d’une charpente métallique et de grandes verrières. En 1925, des brocanteurs expulsés de la zone s’associent pour louer un terrain maraîcher bordé par la rue des Rosiers, Biron et la rue de la villa Biron. La municipalité accepte qu’ils fondent un marché à la condition que les boutiques soient construites en dur. Ainsi naît le marché Biron, baptisé « Foire à la brocante », « Cité Biron », « Les belles Puces » ou encore « Le faubourg Saint Honoré des Puces ». En 1938 un dernier marché clos est édifié rue Jules Vallès par Amadéo Cesara et devient le marché Vallès. La zone est alors densément construite. Près de 6000 personnes y vivent, mêlant une population gitane à une importante population juive. Malheureusement, la seconde guerre mondiale voit la spoliation puis la déportation des brocanteurs juifs et des Gitans.
Les Puces de Saint-Ouen de 1945 à aujourd’hui
Une fois Saint-Ouen libéré le 25 août 1944, le marché aux Puces se réorganise. Devant l’afflux des artisans et des brocanteurs chassés de la zone, de nouveaux marchés apparaissent dans Saint-Ouen. Dès 1944, dans un îlot compris entre les rues Paul Bert et des Rosiers, un ancien vignoble est loué par petites parcelles aux puciers. Peu à peu les allées sont goudronnées et les abris construits en dur. En mai 1946 est entérinée la création de la cité commerciale appelée marché Paul Bert : elle comprend 200 stands construits en ferrociment. Les Puces retrouvent rapidement leur activité d’avant-guerre, elles le doivent à la pénurie qui sévit jusqu’aux années 1950. De plus, aux marchandises traditionnelles viennent s’ajouter les « stocks américains » qui participent pour une grande part à l’importance qu’a pris aux Puces le commerce du neuf. La prospérité économique retrouvée modifie aux cours des années 60 la clientèle des Puces et amène les antiquaires à prendre le pas sur les brocanteurs. En 1969, le marché fait vivre 2800 personnes, dont 400 artisans. Le marché va jusqu’à couvrir 7 hectares. Le terrain nu venant à manquer, les nouveaux marchés Cambo (1970), le marché des Rosiers (1975), le hall de la Brocante (1976) et Serpette (1977) s’installent dans des bâtiments désaffectés. L’étape suivante a été la construction de marchés neufs. Ainsi l’architecte Giraud dessine le marché Malassis en s’inspirant du style paquebot 1930. En 2001, cet immense marché est devenu « zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager », il reçoit 120000 visiteurs par week-end et demeure parmi les lieux les plus visités de Paris.
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